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UNE ABONDANCE QUI IMPLIQUE TROP DE GÂCHIS
Difficile de résister à l'avalanche des offres dans un magasin. En moyenne, cinq nouveautés déboulent chaque semaine sur les étals; en vingt ans, la taille des supermarchés a doublé de volume et le choix des produits est passé du simple au quadruple... L'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a compté 7 kg d'aliments encore emballés par habitant et par an dans les ordures ménagères. Selon une étude anglaise, 25% de la nourriture achetée serait jetée. Ce gaspillage, déjà considérable, cache d'autres gâchis: par exemple, la production de 1 kg de viande nécessite 7 kg de céréales, 100 000 litres d'eau et 100 litres de pétrole pour le transport... Mais plus qu'à la maison, c'est dans la restauration collective que le gaspillage s'avère le plus choquant: 40% de la nourriture est jetée dans les cantines, y compris des yaourts non ouverts et des fruits intacts. Heureusement, les enfants sont de plus en plus sensibilisés à la chasse au gaspi. Ainsi, une école de Cormeilles-en-Parisis (Val d'Oise) propose en self-service l'entrée et le dessert. En choisissant ce qu'ils veulent manger, les écoliers en laissent moins dans l'assiette. Autre astuce: à la fin du repas, ils jettent eux-mêmes les restes de leur plateau afin de prendre conscience du gaspillage. Depuis le début de l'expérience, l'école a réduit ses déchets de 30%. Aujourd'hui, une quinzaine d'écoles en France ont adopté ce système. Et d'ici à 2012, une centaine devrait leur emboîter le pas...
Le gâchis de la nourriture commence bien avant qu'elle n'atterrisse dans les assiettes. Selon les associations écologistes, entre 10 et 30% des marchandises d'un magasin partent en fumée pour avoir dépassé la date limite de consommation (DLC). Les distributeurs sont tenus de détruire les produits frais considérés comme périmés en les aspergeant de produits chimiques ou en les broyant. Dans les faits, ils les retirent quelques jours avant la date pour faire de la place. "Quant aux fruits et légumes légèrement abîmés, ils sont souvent jetés avant même d'atteindre l'étal. Le client veut du beau !", observe Florence de Monclin, de la fondation Nicolas Hulot.
Mais les poubelles ne débordent pas seulement de restes, elles sont aussi envahies par les emballages, qui représentent 20% de leur volume. Or, au-delà de la débauche d'énergie nécessaire pour les recycler, ils peuvent coûter jusqu'à 20% du prix d'un produit. Les industriels, souvent pointés du doigt, mettent en avant leurs efforts pour les alléger. Depuis mars 2010, Danone a supprimé les cartonnettes de ses yaourts et les distributeurs Auchan et Leclerc ont, entre autres, déshabillé leurs dentifrices pour les proposer sans étui. Hélas ! l'effeuillage reste limité à quelques produits sur des milliers de références. "À l'inverse, en Allemagne, la majorité du rayon dentifrice est déjà dénudé", souligne Hélène Bourges, du Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid). Autre retard français, les sacs non biodégradables devaient disparaître en 2010. Mais le décret d'application de cette loi n'est jamais passé ! Malgré tout, la quantité de sacs en plastique a diminué de 70% en quatre ans. De nombreuses grandes surfaces les ont en effet retirés des caisses ou les ont rendus payants.
Le gaspillage touche aussi d'autres secteurs. Avide de nouveautés, le consommateur est souvent accusé de favoriser le gaspillage et pourtant, il n'a pas toujours le choix. Certes, les ménages possèdent aujourd'hui entre 30 et 40 appareils électriques contre 10 il y a cinquante ans. Mais leur durée de vie s'est sacrément écourtée. Les appareils sont plus fragiles car les fabricants utilisent des matériaux moins solides. Tout le monde y trouve son compte: les industriels vendent des nouveautés et les consommateurs mettent moins la main à la poche – du moins dans un premier temps. Pour prévenir les consommateurs, il a été question, en 2004, d'imposer aux fabricants de communiquer la durée de vie d'un appareil. Mais le projet de loi est tombé aux oubliettes. En attendant, les déchets s'accumulent: "Près de 1,5 million de tonnes de composants électroniques sont jetées chaque année", explique Dominique Barchiesi, professeur à l'université de technologie de Troyes. "Ce sont des produits chimiques, très polluants pour le sol et l'eau; leur retraitement demande une énorme dépense d'énergie." Toutes les marques proposent des appareils qui consomment moins d'énergie", ajoute Jean-François Dingjian, professeur à l'École nationale supérieure de création industrielle à Paris. "Mais aucune ne veut réfléchir à l'idée de faire des appareils plus solides." Un paradoxe qui résume la perversité du système. Heureusement, désireux d'acheter plus responsable, les consommateurs commencent, via le troc ou la vente sur Internet, à inverser la tendance...
(Extrait et adapté de: Ça m'intéresse – Juin 2010)
Parmi les phrases ci-dessous, celles qui correspondent à l'idée véhiculée par le titre du texte se trouvent dans l'option:
I- Le gaspillage touche plusieurs secteurs
II- Les fabricants d'électroménagers se soucient de la durée de leurs produits
III- Dans la restauration collective, on voit peu de gâchis
IV- Plus on gaspille, plus on nuit à l'environnement
V- On a déjà trouvé des moyens de freiner quelques gâchis