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Pour une « Education Intégrale »
Francesco Follo.
En adoptant l’expression « éducation intégrale », nous nous référons à l’acception utilisée en 1993 dans le Document final de la Conférence mondiale sur les Droits de l’homme organisée par les Nations Unies qui demandait : « d’orienter l’éducation vers le plein épanouissement de la personne et le renforcement des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Il s’agit là d’une éducation intégrale capable de préparer des sujets autonomes et respectueux de la liberté et de la dignité d’autrui. » Dans cette ligne, nous le savons, la défense et la promotion du droit à l’éducation dont l’UNESCO a fait son axe majeur, concerne non seulement la possibilité pour chaque être humain de se cultiver, de développer ses talents et par-là de participer à la vie publique, économique et sociale, mais encore la capacité à s’humaniser véritablement et à jouir pleinement de la dignité inhérente à toute personne humaine. Il ne s’agit donc pas seulement de jouer une éducation interculturelle où enfants et adolescents d’ethnies, races, cultures et sexes différents apprendraient à se respecter par le dialogue même si une visée d’éducation interculturelle prend au sérieux les manquements et les entraves à l’égalité et à la justice qui résultent de la catégorisation ethnique. L’éducation intégrale doit aussi comprendre l’apprentissage de la vie en commun, de la solidarité. Cela passe par l’apprentissage des responsabilités.
Une deuxième acception à laquelle nous nous référons n’est pas très éloignée de celle prônée par l’ONU. (...) Ce projet éducatif soutient que, « dans le contexte de la mondialisation, il convient de former des sujets capables de respecter l’identité, la culture, l’histoire, la religion et surtout les souffrances et les besoins des autres, dans la conscience que tous, nous sommes vraiment responsables de tous ». Dans ce contexte, il devient particulièrement urgent d’offrir aux jeunes un parcours de formation scolaire qui ne se réduise pas à l’utilisation individualiste et institutionnelle d’un service qui aurait pour but la seule obtention d’un diplôme. L’immense avantage de ce projet éducatif est qu’il existe déjà en pratique à travers le monde, riche de toute une histoire et d’une puissance d’imagination et de créativité. En dépit de réelles difficultés économiques ou politiques, ce projet éducatif se veut coresponsable du développement social et culturel des diverses communautés et des peuples (....)
L’éducation intégrale est à ce titre un chantier ouvert, difficile et nécessaire.
— Un chantier ouvert, parce que elle doit être un événement, une approche systématique qui aide à vivre l’éducation como rencontre dialogique avec d’autres personnes (du passé et du présent) et d’autres cultures, et pas uniquement como instruction et como apprentissage des données figées.
— Un chantier difficile, car il implique une approche critique quant à la sélection des savoirs enseignés et aux rapports à ces savoirs. Les diverses disciplines ne présentent pas seulement des connaissances à acquérir mais des valeurs à assimiler et des vérités à découvrir.
— Une approche critique quant à l’interprétation des valeurs fondamentales des sociétés occidentales sécularisées. Le droit de la personne à recevoir une éducation adéquate selon son libre choix doit être assuré.
— Une approche critique enfin quant à la nature sociale de l’espace scolaire. La communauté éducative, globalement prise, est appelée à promouvoir l'objectif d'une école como lieu de formation intégrale à travers la relation interpersonnelle et la responsabilité.
— C’est aussi un chantier nécessaire: le courant de réflexion sur l’éducation intégrale prend en charge spécialement la contradiction, patente dans la vie politique mais peu pensée en éducation, entre, d’un côté, les tensions identitaires, les discriminations et, de l’autre, les valeurs de la communion à l’intérieur du corps social et politique. C’est donc un des courants qui peut alimenter la réflexion, aujourd’hui très riche, sur l’éducation à la citoyenneté.
Une deuxième acception à laquelle nous nous référons n’est pas très éloignée de celle prônée par l’ONU. (ligne 14). Dans cette phrase, le pronom démonstratif a le référent